URBAN MOSCOU OU MOSCOU UNDERGROUND
Moscou est la capitale des immigrés, la patrie des errants et des vagabonds. Elle se laisse aimer sans exiger de généalogie ni de recommandation, toujours aimante, prête à se laisser mettre en fête par n’importe qui, pourvu qu’il en ait le tempérament et l’insouciance. Moscou appartenait déjà au premier venu à l’époque où elle était le centre de gravité d’un empire gigantesque, le dernier sur la terre. Elle reste ce centre aujourd’hui, alors que le pays s’est retourné de fond en comble. Elle demeure le principal refuge de tous les déshérités d’un territoire qui s’étend de la Pologne à l’océan Pacifique et de la mer Noire à l’Irak. Moscou s’européanise, s’américanise avec ardeur. On a la sensation que cette ville a deux vies. L’une est évidente et bruyante. L’autre est secrète, invisible à l’œil étranger et inexpérimenté. Pour beaucoup Moscou est bien plus qu’une ville, c’est un pan de l’histoire contemporaine. Mais la nuit moscovite est endiablée. Bars, clubs de jazz, salles de concert, boîtes de nuit font vibrer la ville de la tombée de la nuit au petit matin. Il n’y a sans doute aucun domaine de la vie urbaine qui n’ait aussi radicalement changé depuis 15 ans. Les Moscovites ont appris vite et très bien. Moscou hésite entre Las Vegas et New York, entre le clinquant des casinos immenses et bruyants et la confidentialité de scènes musicales innovantes. Il n’y a pas un soir de la semaine où un concert ou un DJ ne vaille une virée nocturne. Les atmosphères sont soignées, l’ambiance musicale souvent impeccable et les Moscovites tantôt déchaînés ou élégamment attentifs à la création artistique, frimeurs ou simplement réunis entre amis autour d’un verre. Son architecture est une rencontre entre l’Orient et l’Occident, la tradition et la modernité.
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